Le dernier de son espèce

« L’espace d’un moment, je me sentis étrangement vulnérable, à la limite de la fragilité. La batterie oscillait à chacun de mes pas ; mon turbocoeur, résolument inutile, me paraissait lui aussi curieusement présent. Tout cet attirail semblait prêt à déserter mon organisme pour dégringoler à terre. »

Andreas Eschbach, Le dernier de son espèce, L’Atalante, chapitre 3, 2014.

Motivations initiales

J’avais apprécié Des milliards de tapis de cheveux, aimé l’idée centrale de Jésus vidéo. Bref, dès qu’Andreas Eschbach est traduit en français, j’achète et je dévore !

Synopsis

Ce matin, Duane Fitzgerald se réveille hémiplégique et aveugle. Il y est malheureusement habitué : membre d’un projet de recherche de l’armée américaine bien des années avant, de nombreux implants (un turbocoeur, un oeil artificiel…) lui ont été posés, sensés faire de lui un combattant hors norme. Mais ces dispositifs ont tendance à tomber de plus en plus souvent en panne, alors que  le projet a été arrêté il y a bien des années.

Caché en Irlande – condition de sa survie, l’idée initiale ayant été de supprimer tous les cobayes lorsque l’expérience a été arrêtée -, il survit, au rythme des pannes qui le laissent cloué au lit ou amoindri par les bugs.

Et, parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, dans la foulée de cette panne inquiétante, il prend petit à petit conscience que tous les autres membres du projet ont été progressivement éliminés. Par qui, pour quoi ? Parviendra-t-il à trouver un sens à tout cela ?

Avis

> L’avis de T

De mon point de vue, ce livre est une merveille. Tout simplement. D’abord parce qu’il est l’occasion de (re)découvrir Sénèque, dont une citation débute chaque nouveau chapitre. Ensuite parce que j’adore ces « objets » que nous proposent les éditions de l’Atalante…

Mais, surtout, parce qu’il est le récit d’une quête, d’une réflexion de Duane, sur ce qu’est l’humanité. En partant d’un paradoxe – Duane est un homme, mais pas seulement, pas uniquement, il est un homme « augmenté » qui affronte le fait d’être, de plus en plus souvent, diminué -, ce livre est en fait une réflexion sur ce qui fait l’homme. Et c’est finalement, par et à partir de son inhumanité, que Duane va retrouver la piste de sa profonde humanité. Au-delà du rêve cybernétique, au-delà des fausses idées d’un « progrès » (qu’il s’agisse du progrès technique ou du progrès de l’humanité), c’est à une véritable réflexion philosophique, au sens noble du terme, qu’Andreas Eschbach nous invite ici. Et, miracle, sous une forme accessible !

Ce livre, je l’offre régulièrement à mes proches, je l’offre à mes amis, je l’offre à tous ceux qui comptent pour moi. Non seulement je le conseille, mais il constitue pour moi une « ardente obligation ».

atalante235-2006

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s